La rentrée scolaire 2017-2018

Une journée riche en émotions... au point d'en être épuisante! 

Il y a cinq ans à peine, je mettais au monde mon trésor... un dimanche ensoleillé qui restera gravé à jamais dans ma mémoire...

Consciemment ou inconsciemment, il est resté pendant tout ce temps mon bébé vulnérable... c'est tellement petit 2.8 kg!!!

Jusqu'à ce matin où j'ai vu un petit garçon confiant et serein, autonome et décidé!

 

J'ai passé des mois à vanter les avantages de ce changement d'établissement: plus de copains, plus de jeux,  un nouveau cadre, une plus grande salle de sport, un professeur de sport, de l'anglais...

J'ai passé des mois à répondre à ses interrogations, à écouter ses inquiétudes, à le rassurer pour finalement m'écrouler le jour J! 

Je l'ai accompagné fièrement aujourd'hui pour sa rentrée en grande section et j'étais loin de m'imaginer le tourbillon d'émotions que j'allais vivre!

 


09H45: une jeune fille nous ouvre les portes de l'école pour nous accueillir (sans doute une assistante maternelle); elle nous indique le chemin à prendre pour rejoindre la classe des "grands"!

 

Nous sommes ensuite pris en charge par la maîtresse qui explique à mon garçon ce qu'il y a à faire pour démarrer cette première journée d'école: 

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- Sur le tableau, il y a une étiquette avec ton prénom: tu prends cette étiquette puis tu la mets au-dessus du crochet que tu auras choisi pour ta veste et ton cartable; tu mettras ensuite les mouchoirs et les lingettes sur l'étagère au dessus des porte-manteaux et enfin, tu poseras le pot de crayons dans ce meuble!"

 

Pendant que j'essayais de tout remettre dans l'ordre pour être certaine d'avoir tout compris, j’entends mon garçon répondre: 

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- D'accord, mais ils sont où les porte-manteaux?

- Dans le couloir en face,

- D'accord!"

 

Il se retourne calmement, se dirige vers le tableau, le regarde attentivement, retrouve l'étiquette avec son prénom (avec une rapidité qui me surprend), se dirige vers le couloir, choisit un crochet, place l'étiquette au-dessus de celui-ci, ouvre son sac, le vide, range ses crayons... tout ça sans mon aide, sans l'aide de son papa! Tout seul... comme un grand, d'un pas décidé, confiant, serein, sûr de lui...

 

 

A cet instant, je me sens fière, fière d'avoir su l'accompagner pour vivre au mieux ce changement, fière de lui offrir la possibilité d'accéder à un enseignement diversifié, fière d'être sa maman! 

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- Qu'est ce qu'on fait maintenant? Me demande-t-il avec un ton toujours calme et serein;

- J'ai entendu la maîtresse dire qu'on avait le droit de jouer en attendant que tous les enfants soient en classe!"

 

Il fait le tour de la classe, feuillette quelques livres puis prend une boîte de puzzle! Un quart d'heure plus tard, il me montre fièrement son oeuvre "Regarde maman,j'ai fini!"

 

A cet instant, je réalise que je suis non seulement fière, mais aussi admirative et impressionnée: comment un garçon de cinq peut-il être aussi calme face à un changement aussi important?

En changeant d'école, il perd ses repères, ses copains, les maîtresses et ATSEM qu'il avait appris à connaître! Je me souviens encore de mon état l'année dernière: inquiète, angoissée, stressée à quelques jours, quelques heures de prendre mes nouvelles fonctions.

Dix, cent, milles questions me tourmentaient: serais-je à la hauteur? les opérations seront-elles intéressantes? Quel est l'état d'esprit de mes futurs collègues? le poste est-il réellement compatible avec une vie de famille? et j'en passe... 

 

" - Je vous invite à aller prendre le café, les papas et les mamans: nous dit la maîtresse;

- On va y aller mon chéri, nous passerons te récupérer juste après l'école, d'accord?

- Je mange à la cantine maman?

- Oui mon bonhomme, tu mangeras tous les jours à la cantine sauf le mercredi;

- Ah d'accord... je veux que tu restes maman!

- Je veux bien mais il n'y a pas assez de places ici! Je te propose d'aller travailler à ma place et moi, je reste ici à ta place: ça te va?

Voilà qui le fait bien rire... "NON maman!!!!"

- Il faut qu'on y aille chéri, la maîtresse va t'expliquer ce vous ferez aujourd'hui!

- D'accord! A tout à l'heure alors! 

 

Nous l'embrassons bien fort et le confions à la maîtresse; il s'en va avec elle, sans pleurer, sans nous rappeler, sans faire aucune histoire!

 

 

En quittant l'école, une profonde tristesse m'envahit; je me sens oppressée, j'ai le sentiment d'avoir laissé une partie de moi-même dans cette école. Mon bébé me manque; il a grandi si vite! Je me sens tourmentée, déchirée, partagée entre la fierté d'avoir su l'accompagner progressivement vers cette nouvelle aventure et la peur de le rendre autonome trop vite! 

 

"- Et ce n'est pas fini ma chérie! Un jour, il quittera la maison pour faire sa propre vie...."

 

Je sais que mon homme a raison mais je ne peux m'empêcher de penser: "Quelle horreur! Quel déchirement! Quelle image terrifiante!!! Etre loin de mes bébés, de mes trésors, ne pas pouvoir les réconforter, les rassurer, les aider à se relever, les pousser à aller de l'avant, les accompagner, les écouter, les entendre rire ou crier, les voir évoluer..." Une angoisse dont je n'arrive pas à me défaire continue à m'envahir!

 

 Finalement, c'est moi qui pleure...  

 

 J'ai eu l'impression d'être un fantôme toute la journée, tout m'a semblé fade, incolore, inodore, sans intérêt. J'avais envie de retrouver mon garçon pour lui dire combien je l'aime, combien je suis fière de lui!

 

 Je n'ai retrouvé mes esprits et mon calme qu'au moment des retrouvailles, lorsque j'ai aperçu ce visage d'ange (coquin) illuminé par un sourire....

 


Aujourd'hui, je suis convaincue d'une chose: notre rôle est bien de donner à nos enfants la possibilité d'être autonomes, de les accompagner pour aborder la vie sereinement; mais n'oublions pas de profiter de leur enfance pour les choyer, ne soyons pas pressés de les confier aux autres, profitons de leur présence tant qu'ils ont besoin de nous! Un jour, il sera trop tard...


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